La mairesse de Hamilton et son service de police ont décidé que certains Canadiens ont de mauvaises opinions et ne devraient pas être autorisés à louer des installations publiques.
Le Service de police de Hamilton a récemment détourné une partie de ses ressources déjà limitées pour entraver les efforts de la Dominion Society visant à louer des installations privées afin de tenir une conférence à Hamilton. Cette intervention faisait suite à la déclaration de la mairesse de Hamilton, Andrea Horwath, selon laquelle la Dominion Society n’est pas en droit de louer une propriété appartenant à la Ville. Le résultat prévisible du diktat de la mairesse a été de forcer la Dominion Society à chercher un lieu privé pour tenir sa réunion.
Le Service de police de Hamilton a publié une déclaration politique dénonçant la Dominion Society comme étant « source de division et d’exclusion » et comme ayant une incidence négative sur « le sentiment de sécurité et d’appartenance au sein de notre communauté ». La police a même demandé au public de communiquer avec elle pour transmettre toute information concernant les efforts que le groupe pourrait déployer afin de trouver un lieu.
La police et la mairesse de Hamilton se comportent un peu comme l’ancienne ministre du Tourisme du Québec, Caroline Proulx. En 2023, la ministre Proulx a ordonné au Centre des congrès de Québec d’annuler son contrat avec Harvest Ministries pour la tenue d’une conférence chrétienne. La seule raison de l’annulation du contrat était que Mme Proulx était farouchement en désaccord avec les croyances du groupe chrétien au sujet de l’avortement. La Cour supérieure du Québec a récemment conclu que Mme Proulx avait abusé de son autorité et violé la liberté d’expression de Harvest Ministries, protégée par la Charte. La Cour a ordonné à Mme Proulx de verser 60 637 $ en dommages-intérêts généraux et punitifs à ce groupe.
La Dominion Society se décrit comme un organisme « voué à la promotion de l’identité, du patrimoine et du nationalisme canadiens ». Elle préconise la remigration, c’est-à-dire le renvoi des immigrants dans leur pays d’origine. Ni la mairesse de Hamilton ni son service de police n’ont accusé cette organisation d’être violente, criminelle ou terroriste. Elle a donc le même droit que tout autre organisme sans but lucratif au Canada d’agir pacifiquement dans le respect de la loi et de défendre ses convictions.
Environ la moitié des Canadiens croient que les niveaux d’immigration sont trop élevés. Supposons, aux fins de la discussion, que seulement 8 % des Canadiens appuient la remigration et que 92 % s’y opposent. Le fait que seulement 8 % de la population appuie votre opinion devrait-il signifier que vous perdez votre droit de louer des installations appartenant au gouvernement et d’utiliser des espaces publics comme les parcs et les trottoirs? Si oui, aucune installation gouvernementale ne devrait être offerte en location au NPD, qui n’a obtenu que 6,3 % du vote populaire lors de la plus récente élection fédérale au Canada.
Près de 94 % des Canadiens ont rejeté le NPD en 2025. Pourtant, le NPD n’est pas privé de la possibilité d’exercer ses libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique garanties par la Charte.
Les politiciens et les policiers ont parfaitement le droit d’exprimer leurs opinions politiques pour ou contre divers groupes et causes. En même temps, les maires, les ministres et les corps policiers du Canada n’ont pas le droit de traiter les biens publics comme s’il s’agissait de leur propriété privée, accessible seulement aux « bonnes » personnes qui ont les « bonnes » convictions politiques.
Le Service de police de Hamilton a le devoir solennel de lutter contre le crime. Sa décision de gaspiller ses maigres ressources pour faire de la politique constitue une trahison envers les contribuables comme envers les citoyens libres. Contrairement aux enseignants, aux travailleurs sociaux, aux chefs religieux ou aux psychologues, les policiers ont l’obligation légale de faire respecter le Code criminel, ainsi que de nombreuses lois non criminelles, par exemple en matière de sécurité routière.
La politisation de la police britannique devrait servir d’avertissement sérieux aux Canadiens. Ce qui a commencé par la surveillance et l’enregistrement d’« incidents haineux non criminels » a rapidement mené à des milliers de citoyens britanniques accusés au criminel. Leurs crimes comprenaient le partage d’opinions sur des sujets comme l’immigration et le transgenrisme. David Wootton a été condamné à deux ans de prison pour un costume d’Halloween jugé « grossièrement offensant ». Voilà pourquoi la police devrait se concentrer à 100 % sur la lutte contre le crime et non sur la politique.
Si le Canada veut demeurer une société libre, l’État devrait appliquer la loi de façon égale pour tous les Canadiens, y compris ceux qui défendent des opinions impopulaires. Autrement, il restera peu de choses pour nous distinguer des régimes autoritaires où le gouvernement décide quelles opinions sont acceptables.
C’est pourquoi les installations financées par les contribuables, comme les centres des congrès, ainsi que les espaces publics comme les trottoirs et les parcs municipaux, sont (et doivent rester) accessibles à tous les citoyens, quelles que soient leurs convictions politiques.
John Carpay, B.A., LL.B., est président du Justice Centre for Constitutional Freedoms (cjlc.ca), qui finance les avocats représentant CAWSBAR dans sa contestation de la politique fédérale permettant à des hommes « s’identifiant comme trans » d’être incarcérés dans des prisons pour femmes.
