Spectacle de drag « familial » : une plainte en droits de la personne vise une résidente de l’Alberta pour ses opinions en ligne

Karen Richert (gracieuseté de Karen Richert)
Karen Richert (gracieuseté de Karen Richert)

Spectacle de drag « familial » : une plainte en droits de la personne vise une résidente de l’Alberta pour ses opinions en ligne

Karen Richert (gracieuseté de Karen Richert)
Karen Richert (gracieuseté de Karen Richert)

LEDUC, AB: Le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles (CJLC) annonce que des avocats financés par le CJLC représentent désormais Karen Richert, une entrepreneure de Leduc et ancienne candidate municipale, qui fait face à une plainte en droits de la personne en raison de commentaires publiés en ligne au sujet d’un spectacle de drag présenté comme « familial ».

Mme Richert administrait auparavant un groupe Facebook local, « Voice of Leduc », où les résidents discutent d’enjeux communautaires et de gouvernance municipale. En mai 2024, un studio de danse local a organisé et promu un spectacle de drag présenté comme « familial ». L’événement a suscité un débat public dans le groupe, où Mme Richert et d’autres ont exprimé des préoccupations quant au caractère approprié de ce type de spectacle pour les enfants.

En juin 2025, le propriétaire du studio a déposé une plainte contre Mme Richert auprès de la Commission des droits de la personne de l’Alberta, en vertu de la loi provinciale, alléguant que ces critiques en ligne constituaient une expression discriminatoire. La plainte a été déposée après l’expiration du délai légal d’un an prévu par la loi, une échéance stricte qui ne peut être ni prolongée ni levée.

La Commission a d’abord rejeté la plainte à l’automne 2025 pour cause de dépôt tardif, décision qu’elle a maintenue après réexamen. Toutefois, en janvier 2026, elle a changé de position de manière inattendue et informé Mme Richert qu’elle procéderait malgré tout à l’examen de la plainte, en dépit du dépassement du délai et des rejets antérieurs.

La plainte repose sur une disposition législative qui restreint certains types d’expression. Or, cette même loi prévoit aussi que chacun est libre d’exprimer ses opinions sur tout sujet. Les tribunaux de l’Alberta, notamment dans l’arrêt Lund v Boissoin, ont clairement établi que les opinions sont protégées, même lorsqu’elles déplaisent.

Les avocats financés par le Centre soutiendront que les commentaires de Mme Richert relèvent clairement de l’expression protégée et ne devraient faire l’objet ni d’enquête ni de sanction.

Phil Dunlop, stagiaire en droit au sein de l’équipe juridique, a déclaré : « Les gens ont le droit d’avoir une opinion sur les spectacles de drag destinés aux enfants, même si elle est négative, et ils ont le droit d’exprimer cette opinion, que ce soit en personne, par écrit ou en ligne. »

Il a ajouté : « Le droit albertain est clair : l’expression d’une opinion sur n’importe quel sujet ne peut faire l’objet d’un examen ni de sanctions par un tribunal des droits de la personne dans cette province. »

Mme Richert a également exprimé ses inquiétudes quant aux répercussions plus larges de cette affaire. « La liberté d’expression inclut le droit d’écouter : entendre ce que les autres membres de notre communauté valorisent et croient, sans crainte. Lorsque les institutions censées protéger nos droits deviennent oppressives et que la parole est étouffée, que ce soit par excès de pouvoir, pression ou peur, c’est le début de la perte d’une société libre et démocratique. »

Les avocats ont obtenu un délai pour déposer une réponse formelle à la plainte, échéance fixée au 30 avril 2026. Par la suite, la Commission pourra rejeter la plainte, tenter une médiation ou renvoyer l’affaire à une audience.

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