WINNIPEG, MB : Le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles (CJLC) annonce qu’une plainte a été déposée auprès de l’Organisme chargé des enquêtes sur l’application de la loi du Manitoba, au nom de la Dre Frances Widdowson, universitaire canadienne reconnue pour promouvoir le débat ouvert dans les institutions publiques à travers le pays, ainsi que d’un autre participant, à la suite d’une opposition violente à son endroit à l’Université de Winnipeg le 26 septembre 2025, durant laquelle la police n’a pas répondu à de multiples appels d’urgence.
Des avocats financés par le CJLC ont déposé la plainte le 24 mars 2026, alléguant que des membres du Service de police de Winnipeg n’ont pas répondu à au moins huit appels distincts au 911, dont un signalant la présence de groupes organisés. L’Organisme est chargé d’enquêter afin de déterminer si un agent a commis une « faute disciplinaire », notamment en omettant de porter assistance ou en exerçant son pouvoir discrétionnaire de manière inappropriée.
La plainte s’appuie sur un examen détaillé de l’incident, incluant plusieurs heures de preuves vidéo.
Dans les jours précédant l’événement, plusieurs signes laissaient présager des risques de violence. Le 23 septembre, la police avait averti l’Université de Winnipeg de possibles manifestations. Avant l’événement, la Dre Widdowson a transmis à la police des menaces reçues en ligne. Le 25 septembre, alors qu’ils étaient présents à un autre événement à l’Université du Manitoba, les policiers ont fourni leurs coordonnées à la sécurité du campus de Winnipeg, indiquant qu’ils feraient un suivi avant l’événement. Le 26 septembre, la sécurité du campus a de nouveau contacté la police pour faire une mise à jour.
La Dre Widdowson est arrivée sur le campus vers 13 h 45 le 26 septembre. En quelques minutes, une première altercation physique a éclaté lorsque son vidéaste, Daniel Page, professeur en informatique au Manitoba, a été confronté et s’est fait arracher sa caméra. Environ 25 minutes plus tard, à 14 h 20, un premier appel au 911 a été effectué par un participant blessé à la main et au dos. La sécurité du campus a effectué son premier appel peu après, vers 14 h 25. Au cours de l’heure suivante, d’autres appels ont été passés, dont deux supplémentaires par la sécurité et au moins quatre par la Dre Widdowson et ses accompagnateurs. Le dernier appel connu a été logé vers 15 h 33. La police a assuré à un appelant, qui signalait la présence d’un groupe organisé, qu’elle interviendrait, mais aucun agent ne s’est présenté.
Les images vidéo de la journée suggèrent que la foule de manifestants s’est progressivement enhardie au fil de l’après-midi, tandis que la sécurité du campus demeurait largement en retrait.
L’analyse complète de l’incident fait état d’au moins 15 menaces, de multiples actes de méfait et de dommages matériels, ainsi que de 28 agressions distinctes, incluant des bousculades, des crachats, des étranglements, des coups de poing et des séquestrations. La Dre Widdowson aurait été agressée à plusieurs reprises et, à un moment donné, encerclée par des manifestants qui tentaient de la forcer à quitter le campus. Daniel Page s’est à plusieurs reprises identifié comme professeur venu entendre tous les points de vue, documenter l’événement et défendre la mission universitaire de l’établissement. Malgré cela, il a été expulsé physiquement du campus, puis agressé à son retour.
L’avocat constitutionnaliste Glenn Blackett a déclaré : « Les libertés constitutionnelles sont illusoires si l’État ne maintient pas l’ordre public de base. Nous retombons alors dans la règle pré-civilisationnelle selon laquelle “la force fait loi”. Il semble que les manifestants aient constaté l’absence d’intervention policière, ce qui les a encouragés à escalader la situation, et la liberté d’expression en a évidemment fait les frais. »
Me Blackett a ajouté : « Lorsqu’on leur a posé la question, le Service de police ne nous a pas expliqué pourquoi il avait ignoré huit appels distincts au 911. Il est difficile de croire qu’il priorisait d’autres interventions, puisqu’il s’agissait d’un vendredi après-midi par ailleurs sans incident particulier. J’espère que l’Organisme mènera une enquête rigoureuse et tiendra les décideurs responsables. »
La plainte demande à l’Organisme d’examen des plaintes contre les forces de l’ordre d’enquêter afin de déterminer si des agents ont manqué à leur devoir de protéger la sécurité du public et de faire respecter la primauté du droit lors de cet événement.
