La mort sur demande? Un rapport avertit que le Canada dérive vers l’euthanasie sans consentement

Patent à l'hôpital (courtoise de sudok1)
Patent à l'hôpital (courtoise de sudok1)

La mort sur demande? Un rapport avertit que le Canada dérive vers l’euthanasie sans consentement

Patent à l'hôpital (courtoise de sudok1)
Patent à l'hôpital (courtoise de sudok1)

CALGARY (AB) – Le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles (CJLC) annonce la publication d’un nouveau rapport du journaliste chevronné et analyste de politiques publiques Nigel Hannaford, intitulé Canada’s assisted suicide crises: The troubling culture of death in Canadian healthcare (disponible en anglais seulement pour l’instant). Le rapport met en garde contre l’expansion rapide du régime canadien de suicide assisté, qui expose les personnes vulnérables à des risques accrus et mine la liberté, l’autonomie et la dignité humaine.

Le rapport rappelle que l’aide médicale à mourir a été introduite au Canada comme une exception strictement limitée, assortie de garanties rigoureuses exigeant un consentement actuel, volontaire et éclairé. Or, ce fondement est de plus en plus fragilisé par l’élargissement des critères d’admissibilité et par la pression croissante de groupes militants.

Principales conclusions du rapport :

  • Le Canada est devenu un chef de file mondial du suicide assisté. En 2024, elle a représenté 5,1 % de tous les décès au pays et 7,9 % au Québec, dépassant des pays réputés pour leurs « taux élevés » comme la Belgique, où la proportion est de 3,6 %.
  • Le consentement réellement éclairé est de plus en plus menacé. Le rapport avertit que la dépression, la douleur ou la pauvreté peuvent réduire la capacité décisionnelle et compromettre le consentement éclairé, d’autant plus que le suicide assisté est parfois proposé à répétition comme « option de traitement », y compris à des anciens combattants.
  • Des groupes de pression réclament des « demandes anticipées » de suicide assisté. Ces propositions permettraient d’autoriser par écrit, à l’avance, un suicide assisté qui serait exécuté plus tard, après la perte de capacité de comprendre, de confirmer ou de révoquer la décision, rompant ainsi le lien essentiel entre le consentement et l’acte posé.
  • Certains professionnels de la santé évoquent désormais d’euthanasie sans consentement. Le rapport souligne l’émergence de discours professionnels sur l’« euthanasie involontaire », incluant des propositions évoquées en témoignage parlementaire qui viseraient des personnes incapables de consentir, comme des nourrissons gravement handicapés ou des aînés jugés « en perte de vitalité ».
  • Les défaillances du système de santé créent une incitation dangereuse à traiter la mort comme mesure d’économie. Un discours de plus en plus présent suggère que l’élargissement de l’admissibilité au suicide assisté à mourir pourrait générer d’importantes économies projetées, créant une incitation perverse à considérer cette pratique comme une « solution » à la souffrance, au handicap ou à l’insuffisance des soins.

Le rapport appelle les gouvernements à renforcer les garanties entourant l’aide médicale à mourir, à rejeter toute forme d’euthanasie non consensuelle, à protéger des espaces sans aide médicale à mourir pour ceux qui le souhaitent et à améliorer l’accès à des soins palliatifs de grande qualité partout au Canada.

L’auteur du rapport, Nigel Hannaford, déclare que les Canadiens s’étaient fait promettre un régime de suicide assisté étroitement encadré, avec des garanties solides et un consentement éclairé, mais que cette pratique est devenue de plus en plus routinière et que des militants réclament désormais des changements qui rendraient le véritable consentement éclairé impossible.

Il ajoute que, si les Canadiens veulent demeurer un peuple libre, le consentement éclairé doit rester non négociable et que personne ne devrait jamais subir de pression, de suggestion ou d’attente laissant croire que la mort est la réponse à la souffrance, au handicap, à la pauvreté ou à un système de santé défaillant.

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