Benita Pedersen défend son droit de contester le passage piéton arc-en-ciel devant le Tribunal

Benita Pedersen (Avec l’aimable autorisation de Benita Pedersen)
Benita Pedersen (Avec l’aimable autorisation de Benita Pedersen)

Benita Pedersen défend son droit de contester le passage piéton arc-en-ciel devant le Tribunal

Benita Pedersen (Avec l’aimable autorisation de Benita Pedersen)
Benita Pedersen (Avec l’aimable autorisation de Benita Pedersen)

WESTLOCK, ALB. : Le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles (CJLC) annonce que les témoignages ont pris fin le 14 octobre 2026 dans l’instance du Tribunal des droits de la personne de l’Alberta visant Benita Pedersen au sujet d’un dépliant s’opposant à un passage pour piétons arc-en-ciel. Les avocats financés par le CJLC défendent Mme Pedersen, dont l’affaire reprendra les 8 et 9 décembre 2026 pour les plaidoiries.

Ce qui n’était au départ qu’un désaccord local au sujet d’un projet de passage pour piétons arc-en-ciel s’est transformé en une instance complexe faisant intervenir des experts médicaux, des femmes ayant regretté leur transition, des témoins s’identifiant comme trans qui défendent la liberté d’expression, ainsi que la plaignante, Laurie Hodge, qui s’est présentée contre Mme Pedersen aux élections municipales après avoir déposé sa plainte en 2023.

Mme Pedersen a témoigné que son dépliant visait à susciter une mobilisation politique et à avertir les parents des risques physiques potentiels auxquels leurs enfants pourraient être exposés dans le cadre d’une transition de genre.

Deux témoins s’identifiant comme trans, appelés par la défense, ont déclaré ne pas avoir été offensés par le dépliant et appuyer la liberté d’expression. Tous deux connaissaient Mme Pedersen et ont affirmé qu’elle les avait toujours traités avec respect.

Le Tribunal a également entendu Faith Groleau et Kellie-Lynn Pirie, deux femmes qui avaient pris de la testostérone et s’étaient identifiées comme des hommes avant de recommencer à vivre comme des femmes.

Mme Groleau a témoigné que sa transition n’avait pas résolu ses problèmes de santé mentale préexistants, qu’elle associait à des agressions sexuelles subies durant son enfance. Elle a affirmé que des médecins l’avaient précipitée vers une transition sans traiter adéquatement ces problèmes sous-jacents et a décrit les effets indésirables ressentis pendant la prise de testostérone, puis après son arrêt.

Mme Pirie a décrit les agressions sexuelles qu’elle avait subies durant son enfance, sa consommation abusive d’alcool, les raisons de sa transition et les regrets qu’elle a éprouvés par la suite. Elle a témoigné qu’elle croyait que vivre comme un homme la rendrait plus en sécurité, que la testostérone lui avait causé du diabète et qu’elle avait subi des complications après avoir cessé d’en prendre.

Le Dr Stephen Levine, psychiatre américain qui traite des patients atteints de dysphorie de genre depuis les années 1970, a témoigné au sujet de recherches sur la santé mentale et des risques liés à la transition médicale. Il a recommandé une extrême prudence avant de prescrire des hormones du sexe opposé aux adolescents, invoquant les conséquences à long terme, notamment l’infertilité, et mettant en doute leur capacité à comprendre ces risques et à prendre des décisions concernant leur future parentalité.

Le dernier témoin de la défense était le Dr Roy Eappen, qui a témoigné le 14 octobre. Endocrinologue et professeur à l’Université McGill, le Dr Eappen a traité des patients transgenres, prescrit des hormones du sexe opposé et dirigé des patients vers des interventions chirurgicales liées à la transition.

Le Dr Eappen a témoigné au sujet des risques potentiels d’infertilité et de maladies cardiovasculaires associés aux hormones du sexe opposé, ainsi que de la possibilité d’un traitement hormonal à vie. Il a déclaré ne pas recommander la transition médicale aux enfants ou aux adolescents, car il ne les croyait pas assez mûrs pour donner un consentement éclairé quant aux risques et aux conséquences à long terme.

L’avocate constitutionnaliste Allison Pejovic, dont le travail dans cette affaire est financé par le Centre juridique, a déclaré : « Cette affaire illustre comment les gens réagissent différemment aux sujets controversés, même au sein de groupes minoritaires identifiables. Il existe une diversité d’opinions, de sentiments et d’expériences vécues, et nous ne devrions pas empêcher le public d’entendre tous les points de vue, pourvu qu’ils n’incitent pas à la haine — ce que ce dépliant ne faisait pas. »

Parmi les témoins de la plaignante et du directeur de la Commission figurait la Dre Elizabeth Saewyc, infirmière et chercheuse, qui a témoigné au sujet de sondages menés auprès de personnes transgenres et de leurs déclarations selon lesquelles elles s’étaient senties victimes de discrimination après avoir entendu des messages publics négatifs à leur endroit.

Un témoin appelé à l’appui de la plainte a reconnu que l’intimidation visant la communauté queer à l’école secondaire de Westlock avait commencé avant la diffusion du dépliant. Une autre témoin, qui a dit avoir peur de se rendre à Westlock après sa distribution, a reconnu que son père y vivait et l’encourageait régulièrement à lui rendre visite.

Sylvia Yoder, témoin de la plaignante et du directeur de la Commission, a reconnu avoir crié après Mme Pedersen et lui avoir adressé des propos extrêmement grossiers lorsque celle-ci avait tenté de remettre le dépliant à son domicile.

En contre-interrogatoire, la plaignante, Mme Hodge, a reconnu qu’elle et Mme Pedersen s’étaient présentées à la même élection municipale partielle après le dépôt de la plainte. Elle a également reconnu que Mme Pedersen était la seule personne contre laquelle elle avait déposé une plainte relative aux droits de la personne qui était aussi une adversaire politique.

Mme Pedersen conteste également la validité constitutionnelle d’une disposition de l’Alberta Human Rights Act. Ses avocats soutiennent qu’elle excède la compétence législative de l’Alberta et empiète sur la compétence du Parlement en matière de droit criminel, notamment sur les lois visant les discours haineux.

Le bureau du procureur général de l’Alberta a indiqué qu’il interviendrait pour défendre la disposition contestée.

Les Albertains sont invités à signer et envoyer une lettre préécrite demandant à la première ministre Danielle Smith et au procureur général de l’Alberta d’abroger l’article 3 de l’Alberta Human Rights Act, qui permet d’engager des procédures relatives aux droits de la personne à l’égard de formes d’expression comme le dépliant de Mme Pedersen.

Le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles est le principal organisme canadien de défense des libertés civiles, qui agit comme chien de garde des droits fondamentaux devant les tribunaux et dans l’opinion publique. Fondé en 2010, le CJLC finance des avocats partout au Canada, dépend entièrement des dons des citoyens pour accomplir sa mission et remet des reçus fiscaux à ses donateurs.

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