Bannissement d’un campus : une professeure réclame les dossiers universitaires derrière son

Université de Lethbridge (gracieuseté de Jeff Whyte)
Université de Lethbridge (gracieuseté de Jeff Whyte)

Bannissement d’un campus : une professeure réclame les dossiers universitaires derrière son

Université de Lethbridge (gracieuseté de Jeff Whyte)
Université de Lethbridge (gracieuseté de Jeff Whyte)

LETHBRIDGE, AB : Le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles (CJLC) annonce que des avocats financés par le CJLC ont présenté une demande à la Cour de justice de l’Alberta afin d’obtenir une ordonnance obligeant l’Université de Lethbridge à produire les dossiers concernant l’interdiction pour une durée indéterminée faite à la Dre Frances Widdowson d’entrer sur le campus. L’université a imposé cette interdiction le 4 février 2026, après qu’elle eut tenté d’engager avec des étudiants une discussion ouverte sur les pensionnats autochtones. Ces dossiers serviront à sa défense contre une accusation d’intrusion et à sa contestation constitutionnelle de l’interdiction.

La Dre Widdowson s’est rendue sur le campus à l’invitation du professeur émérite Anthony Hall pour animer une discussion portant sur l’affirmation suivante : « Les pensionnats autochtones étaient génocidaires ». La discussion faisait appel à une formule interactive appelée Spectrum Street Epistemology, qui invite les participants à indiquer dans quelle mesure ils sont d’accord avec l’affirmation, à expliquer les faits et le raisonnement qui sous-tendent leur position, puis à se demander si des éléments de preuve contraires pourraient les amener à changer d’avis.

Une foule a encerclé la Dre Widdowson et le professeur Hall, a utilisé des tambours et des instruments pour étouffer la discussion et a volé les effets personnels de la Dre Widdowson. Celle-ci est demeurée pacifique. Pourtant, plutôt que de remettre des avis d’interdiction d’accès aux personnes qui perturbaient la discussion, l’université lui a interdit l’accès au campus, l’accusant d’avoir nui à ses activités.

La demande prie la Cour d’ordonner la production des dossiers portant sur la décision de l’université d’interdire l’accès au campus à la Dre Widdowson, sur ses discussions internes au sujet des propos de celle-ci et sur les événements ayant mené à son arrestation le 25 avril 2026. Les dossiers déjà obtenus au moyen de demandes présentées en vertu de l’Access to Information Act de l’Alberta comportent de nombreuses caviardures, notamment des pages entières noircies.

La Dre Widdowson a été arrêtée et accusée d’intrusion après être retournée sur le campus le 25 avril 2026 pour prendre un café avec des étudiants et leur expliquer la méthode de discussion.

L’avocat constitutionnaliste Chris Fleury a déclaré : « Les universités ne sont ni des résidences privées ni des établissements commerciaux pouvant invoquer les lois sur l’intrusion pour exclure qui bon leur semble. En Alberta, elles sont assujetties à la Charte et ne doivent pas porter atteinte de façon déraisonnable à la liberté d’expression d’une personne lorsqu’elles lui interdisent l’accès à un campus. »

« Le fait d’être en désaccord avec les opinions d’une personne ne libère pas une université de ces obligations constitutionnelles », a-t-il ajouté.

Cette procédure fait suite au contrôle judiciaire remporté par la Dre Widdowson à l’égard de l’annulation, par l’université, de sa conférence prévue en 2023, intitulée « How Woke-ism Threatens Academic Freedom ». Dans cette affaire distincte, la Cour a conclu que la décision de l’université était fondamentalement viciée parce qu’elle n’avait pas expressément pris en compte la Charte.

L’affaire d’intrusion en cours sera entendue le 27 octobre 2026 à 13 h 30, heure des Rocheuses, à Lethbridge.

Le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles est le principal organisme canadien de défense des libertés civiles, qui agit comme chien de garde des droits fondamentaux devant les tribunaux et dans l’opinion publique. Fondé en 2010, le CJLC finance des avocats partout au Canada, dépend entièrement des dons des citoyens pour accomplir sa mission et remet des reçus fiscaux à ses donateurs.

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