CALGARY, AB: Le Centre juridique pour les libertés constitutionnelles (CJLC) publie un nouveau rapport intitulé Manufacturing consent: Government behavioural engineering of Canadians. Ce rapport, seulement disponible en anglais pour l’instant, a été rédigé par le journaliste et chercheur chevronné Nigel Hannaford. Le rapport met en garde contre l’intégration, au sein du gouvernement fédéral, de tactiques issues des sciences comportementales visant à façonner les croyances, les émotions et les comportements des Canadiens — sans transparence, sans débat et sans consentement.
Le rapport détaille comment l’Unité de l’impact et de l’innovation (UII) d’Ottawa recourt de plus en plus à des approches de psychologie comportementale avancée, comme la « théorie du nudge », ainsi qu’à d’autres outils de tests de messages pour influencer le comportement du public.
Calquée sur le Behavioural Insights Team du Royaume-Uni, l’UII avait initialement été présentée comme un simple « pôle d’innovation ». En pratique, soutient le rapport, elle est devenue un mécanisme visant à orienter l’opinion publique au profit des priorités gouvernementales.
Avec l’arrivée de la Covid, explique le rapport, le rôle de l’UII s’est considérablement accru. Des documents internes révèlent que l’UII a travaillé de concert avec l’Agence de la santé publique du Canada pour concevoir une stratégie nationale de communication visant à accroître l’adhésion du public aux directives fédérales en matière de vaccination et de santé publique.
Parmi ces stratégies, le gouvernement a testé de faux articles de presse auprès de milliers de Canadiens afin de mesurer l’effet de différents déclencheurs émotionnels susceptibles de réduire l’anxiété du public face aux premiers signalements d’effets indésirables après la vaccination. Ces tactiques visaient à atteindre un taux minimal de 70 % de vaccination, seuil que les responsables associaient à l’« immunité collective ».
Les techniques de l’UII incluaient le cadrage émotionnel — mobilisant la peur, la réconfort ou l’urgence — afin de favoriser l’obéissance à des mesures comme les confinements, le port du masque ou les exigences vaccinales. Le gouvernement a aussi manipulé la formulation des messages en mettant en avant ou en occultant certains éléments pour influencer la perception des effets indésirables post-vaccinaux et les faire paraître moins graves.
Le rapport explique en outre que le gouvernement avait adopté son message central — « sûr et efficace » — avant même que des données cliniques ou réelles concluantes ne soient disponibles, et l’a maintenu malgré les premiers signalements d’effets indésirables.
Selon le rapport, le recours par le gouvernement à ces tactiques comportementales — des outils conçus pour orienter émotions et décisions sans débat public — a remplacé une délibération démocratique légitime par un conditionnement subtil, rendant ces pratiques fondamentalement antidémocratiques. Plutôt que de comprendre la science d’abord, le gouvernement a surtout cherché à persuader les Canadiens d’adopter son récit.
À la lumière de ces constats, le CJLC demande l’adoption immédiate de garde-fous pour protéger les Canadiens contre toute manipulation psychologique secrète menée par leur propre gouvernement. Le rapport recommande :
- Une surveillance parlementaire de toutes les applications des sciences comportementales au sein des ministères fédéraux, afin que les élus conservent la maîtrise des orientations nationales.
- La divulgation publique de toutes les recherches comportementales financées par les contribuables, afin d’assurer une transparence totale quant à l’influence exercée sur les croyances et décisions des Canadiens.
- Un examen éthique indépendant de toute intervention comportementale susceptible d’affecter l’opinion publique ou l’autonomie individuelle, assurant responsabilité et consentement éclairé.
L’auteur du rapport, M. Hannaford, déclare : « Aucun gouvernement démocratique ne devrait mener des opérations psychologiques sur sa propre population sans supervision. Si les sciences comportementales servent à influencer l’attitude du public, ce sont les représentants élus — et non des stratèges non élus — qui doivent en fixer les limites. »
